Les difficultés sexuelles

Plusieurs facteurs sont à prendre en compte, tels que les facteurs physiques et psychologiques. De plus, une difficulté peut être interprétée comme telle par un couple ou un individu, mais pas par un autre.

Un individu qui ressent de la satisfaction et du bonheur dans sa vie sexuelle n’a probablement pas de difficulté sexuelle. Par contre, un individu qui ressent de la frustration, des douleurs (émotionnelles ou physiques), qui se dispute pour un problème sexuel a probablement des difficultés sexuelles.

Une difficulté sexuelle représente une réaction inadéquate à l’égard d’un objet sexuel habituel malgré une stimulation appropriée. C’est une situation qui empêche le bon déroulement d’une relation sexuelle.

Les difficultés sexuelles sont plutôt fréquentes, on dénombre entre 10 et 52% des hommes et entre 25 et 63% des femmes qui rencontreraient des difficultés sexuelles.

Les causes des difficultés sexuelles

Les difficultés sexuelles peuvent provenir de plusieurs facteurs.

Afin qu’une réponse sexuelle soit satisfaisante, les composantes biologiques du corps nécessitent un fonctionnement adéquat. Nous allons découvrir l’effet que peuvent avoir les maladies, les drogues et les médicaments sur votre sexualité.

Il est important d’aborder ces points, car avant de s’attaquer au travail psychologique, il est nécessaire de savoir dans un premier temps, si votre trouble sexuel ne provient pas d’une origine organique.

MALADIE

Les maladies cardiovasculaires et le diabète peuvent perturber la sexualité. Ce sont des maladies causées généralement par le tabagisme ou une diète inadéquate.

Certaines maladies peuvent toucher les centres de la moelle épinière qui interviennent dans la réponse sexuelle, il peut y avoir des déséquilibres hormonaux, des perturbations du réseau sanguin qui empêchent la libre circulation du sang nécessaire à l’excitation sexuelle.

Certaines affections des tissus des organes génitaux peuvent aussi influencer la réponse sexuelle. On le constate dans le cas d’infections vaginales grave causant des douleurs et brulures lors des rapports sexuels, entrainant une baisse énorme du plaisir et un affaiblissement du désir. Un hymen trop fibreux ou une femme souffrant d’inflammations de l’endomètre, d’un rétrécissement du capuchon du clitoris ou de troubles touchant les muscles de la région pelvienne intervenant dans la réponse sexuelle peuvent causer des douleurs chez les femmes.

Chez les hommes, s’ils ne sont pas circoncis, ils peuvent avoir un prépuce étroit et peu élastique. Cela est nommé « phimosis », empêchant le prépuce de se rétracter en arrière de la couronne du gland, ce qui rend alors les érections et manipulations du pénis douloureuses lors des activités sexuelles.

On observe également la déchirure du frein du prépuce, les hernies inguinales ou les traumatismes abrasifs causés par un frottement excessif.

DROGUES

Les drogues peuvent augmenter le désir, que ce soit l’alcool, la cocaïne ou l’herbe. Cependant, si l’utilisation est régulière et excessive, cela se répercute sur la santé et les fonctions sexuelles.

En quantité modérée, il est vrai que l’alcool puisse temporairement lever les inhibitions sociales, libère les fantasmes, procure une sensation d’être plus désirable mais il ne crée qu’une impression illusoire de puissance sexuelle.

L’alcool est un neurodépresseur, cela veut dire qu’il ralentit l’activité du système nerveux central. Petit à petit, lorsque la dose augmente, l’alcool inhibe les réactions de l’organisme et provoque la dilatation des vaisseaux sanguins à la surface du corps. S’ensuit une réduction de l’apport de sang dans les organes sexuels ce qui provoque alors une réduction de l’érection du pénis ou un engorgement sanguin du clitoris et de la lubrification vaginale.

Donc pour résumer, l’alcool augmente le désir sexuel, l’excitation et le plaisir mais réduit l’excitation physiologique.

Sur le long terme, pour la femme, l’alcool consommé en grande quantité interfère avec les hormones sexuelles et contribue à l’irrégularité des périodes menstruelles. On l’associe également à l’infertilité, à une ménopause précoce, à une perte d’intérêt sexuel, des problèmes de lubrification et des douleurs durant les rapports sexuels.

Pour l’homme, l’alcool provoque des difficultés érectiles, des problèmes d’éjaculation retardée et la baisse de désir.

Concernant les drogues, la marijuana est celle la plus fréquemment consommées. Son usage amplifierait le désir. Elle permettrait une plus grande spontanéité dans l’expression érotique, une augmentation de la sensibilité et de l’attention envers le partenaire, accompagnant un sentiment de fusion émotive et corporelle accentuée. Mais, elle affecterait les aspects liés au plaisir, telle que la qualité de l’orgasme et la satisfaction sexuelle.

ALCOOL

Effet immédiat : Trouble érectile, trouble du désir.

Effet à long terme : Retard de l’orgasme, trouble érectile, trouble du désir.

AMPHETAMINES

Faibles doses : Augmentation du désir, retard de l’orgasme.

Fortes doses ou utilisations régulière : Ejaculation absente ou retardée, trouble de l’érection, inhibition de l’orgasme.

POPPERS

Diminution de l’excitation et de la lubrification. Trouble de l’érection. Retard de l’orgasme ou de l’éjaculation.

BARBITURIQUES

C’est un médicament agissant comme un dépresseur du système nerveux.

Diminution du désir, trouble de l’érection, inhibition de l’éjaculation.

COCAÏNE

Trouble de l’érection, trouble de l’éjaculation (prématurée ou retardée), priapisme.

MARIJUANA

Diminution du désir, altération hormonale.

ECSTASY

Trouble de l’érection, inhibition de l’éjaculation, retard de l’orgasme, diminution du désir.

MORPHINE ET HEROÏNE

Diminution du désir, troubles de l’érection, altération des fonctions hormonales.

TABAC

Effet à court terme : Risques de problèmes érectiles.

Effet à long terme : Trouble de l’érection.

MEDICAMENTS

Les médicaments sont connus pour leur effets secondaires, et ces effets touchent également la sexualité.

Certains pourront intensifier le plaisir érotique quand d’autres seront plus nocifs. Quelques-uns agiront sur le désir et d’autres interviendront sur la qualité du plaisir ou sur la réponse sexuelle.

Certains médicaments influencent indirectement la sexualité en ralentissant le fonctionnement général de l’organisme ou en affectant le psychisme.

Les antihistaminiques ou antipsychotiques peuvent être nuisibles au désir ou à l’orgasme.

Certains médicaments prescrits pour baisser la tension artérielle sont connus pour produire des troubles sexuels (tel que des difficultés d’érection par exemple).

Les antidépresseurs permettent de diminuer l’état dépressif mais sont les premiers en cause dans l’altération de la sexualité. On observe chez les hommes des difficultés érectiles (érection partielle, totale ou intermittente), des troubles de l’éjaculation (prématurée, retardée, anéjaculation). On note également une baisse de désir chez les deux sexes.

Les facteurs psychologiques

Nous avons donc abordé précédemment les causes physiologiques. Même si un trouble sexuel provient d’une cause physiologique, les facteurs psychologiques finissent par y être associés.

Nous allons aborder les sentiments et expérience négatives, l’anxiété, les relations et le milieu social et culturel, qui peuvent influer sur les difficultés sexuelles.

Les sentiments nuisibles et les expériences négatives

La honte, la peur, la colère, la rancœur, la culpabilité peuvent être à l’origine d’une difficulté sexuelle.

Pour d’autres individus, les difficultés sexuelles peuvent provenir de l’apprentissage. L’individu a acquis un réflexe conditionné indésirable : il a associé une activité sexuelle à un évènement désagréable. Ce mauvais apprentissage peut provenir de l’éducation, mais aussi d’une expérience sexuelle qui s’est mal déroulée.

Lors de la première expérience, si l’individu connait une grande douleur, une anxiété va se développer à l’égard des futures relations sexuelles et conduira à l’échec.

D’autres évènements associés à ces premières expériences peuvent aussi déboucher sur un conditionnement aversif. Prenons l’exemple d’une personne qui a subi une agression sexuelle, ou un individu qui ressent de la honte, de l’humiliation ou de la culpabilité… Masters et Johnson ont estimé que l’éjaculation prématurée et l’anorgasmie résultaient souvent des premières expériences sexuelles, lorsque celles-ci étaient pénibles. Ce conditionnement pouvant même mener jusqu’à l’évitement total des relations sexuelles.

La peur

D’une grossesse, d’être abusé, d’avoir mal, de contracter une IST, d’être abandonné, de ne pas plaire, de ne pas satisfaire le partenaire, de ne pas avoir de plaisir, de ne pas atteindre l’orgasme, de la violence du partenaire, de certaines pratiques, de ne pas être aimé, d’être infertile…

La culpabilité

Au sujet de son passé sexuel, de ses fantasmes, de l’infidélité, de la masturbation, de certaines pratiques, de l’ignorance sexuelle, des valeurs prônées par les parents, des valeurs religieuses ou de l’absence de désir, de plaisir ou d’orgasme.

Le stress

A propos des problèmes de couples, du travail, des études, de l’argent, des responsabilités envers les enfants, de la vie familiale, des responsabilités sociales, de la santé (maladie)…

Autres causes

Faible estime de soi, agression sexuelle antérieure, éducation sexuelle sévère, image physique de soi négative, tendance à la dépendance affective, peines d’amour passées, accouchement douloureux, traumatismes non sexuels divers, infertilité, violences des partenaires précédents, séquelles d’une dépression.

L’anxiété

Masters et Johnson considéraient l’anxiété comme le principal facteur responsable des troubles de la réponse sexuelle. Depuis, de nombreuses études ont été effectuées et ont permis de comprendre la complexité de l’anxiété : un coup elle inhibe l’excitation, un coup elle la facilite.

En effet, lorsque l’individu porte son attention sur des stimuli érotique, cela renforce sa réaction sexuelle. Mais s’il se centre sur la peur de l’échec, sur le danger ou la culpabilité, la pensée va être déplacée sur des stimuli qui ne seront pas érotiques et donc incompatibles avec l’excitation sexuelle.

La peur de ne pas être à la hauteur est fréquente. Cette peur provoque souvent un état d’anxiété généralisée dans lequel toute l’attention est concentrée sur la volonté de réussir.

L’individu souhaite alors une pénétration sans douleur, une érection ferme, une éjaculation qui dure longtemps….

Durant la relation sexuelle, les exigences du partenaire entrainent une observation exagérée des actions et réactions. Tout comme le désir excessif de plaire ou de faire plaisir…

Ce désir de performance est obsédant et nuit forcément au plaisir ainsi qu’au bon déroulement de la réponse sexuelle. Cela peut amener à l’évitement de toute activité sexuelle.

Attention au cercle vicieux : crainte de l’échec -> échec -> crainte de l’échec et ainsi de suite.

Les facteurs relationnels

Dans un couple, il peut arriver qu’un des deux partenaires connaissent des difficultés sexuelles. Et celles-ci peuvent être dû à des difficultés dans la relation de couple.

Prenons exemple de la panne d’érection : il se peut qu’elle soit due à un dysfonctionnement dans le couple.

De nombreux couples souhaiteraient que leur vie sexuelle reste telle qu’elle était aux premiers jours, mais avec le temps, il est compréhensible que celle-ci devienne plus routinière, et que le désir soit moins vivace.

Certains partenaires ne comprennent pas que leurs sentiments puissent diminuer au fil du temps. L’amour est un facteur primordial qui influe sur les relations sexuelles. Si le sentiment amoureux diminue, il peut laisser place parfois à de l’hostilité.

Les conflits non résolus et la colère influencent également le désir, ce qui laisse peu de place pour une relation sexuelle épanouie.

De nombreuses attitudes peuvent également influencer la relation intime du couple :

· La prise de pouvoir : un partenaire peut recourir à certains comportements afin de favoriser un état de tension. Il choisira alors le mauvais moment pour être certain d’éviter le contact avec l’autre.

· Recherche inconsciente de saboter sa beauté afin de ne plus attirer le regard de l’autre ou de frustrer son partenaire.

Vous pourrez découvrir ici les différents problèmes de couple pouvant favoriser l’apparition de difficultés sexuelles.

Une relation intime satisfaisante repose sur l’établissement d’un lien entre les deux partenaires marqués par la confiance et inspirant la sécurité.

Le manque de communication intime est un des problèmes les plus répandus dans les couples. L’absence de communication empêche les partenaires de découvrir ce qui les excite mutuellement et de trouver ce qui est efficace pour la qualité et le prolongement du plaisir de l’autre.

Différents problèmes de couple pouvant favoriser l’apparition de difficultés sexuelles :

- Lutte de pouvoir

- Manque de confiance mutuelle : lorsque la confiance de base disparait, c’est l’ensemble de la relation qui risque d’être affectée.

- Peur du rejet

- Mésentente au sujet du désir d’avoir un enfant

- Absence de communication

- Crainte de revivre au sein du couple une situation familiale de l’enfance (p. ex : abandon)

Plusieurs exemples de difficultés sexuelles liées au manque de communication :

Par peur de blesser son partenaire, une femme peut éviter d’exprimer son besoin de prolonger les préliminaires et se résoudre à accepter la pénétration lorsque son partenaire le demande. Elle en arrivera alors à éviter les relations ou à simuler un orgasme pour ne pas inquiéter son partenaire.

Si un partenaire n’exprime pas ses besoins et attentes, par exemple une plus grande fréquence de rapport, il risque de développer une frustration malsaine pour la relation de couple s’il attend que ce soit l’autre qui prenne l’initiative.

Les facteurs socioculturels

Le milieu dans lequel nous grandissons contribue à développer les valeurs que l’on aura et notamment, les comportements sexuels et la compréhension de la sexualité.

Il existe alors parfois, ou souvent, des différences entre les valeurs, les attitudes et les comportements à l’égard de la nudité, de la pudeur ou de l’intimité.

La culture et la religion ont un rôle important, car elles peuvent dicter certains interdits au sujet de la sexualité et du plaisir.

Dans de nombreuses sociétés, la compréhension de la sexualité se bute à un problème de silence culturel dû à la timidité et à l’embarras des femmes quand il s’agit de parler de sexualité. De plus, les professionnels manquent de sensibilité et de formation à ce sujet.

A l’heure actuelle, et certainement dans les quatre coins du monde, les femmes qui recherchent activement leur plaisir sexuel sont jugées plus défavorablement, et on attend des hommes qu’ils s’exécutent en étant très performant.

La conséquence est que les femmes se cantonnent dans leur rôle de passive et sont confinées à un rôle de séduction, se sentant honteuse et coupable si elles imaginaient reprendre l’ascendant, et les hommes sont soumis à une pression de performance pouvant se répercuter négativement sur leur sexualité.

Etude

L’Asie orientale est réputée pour avoir des attitudes plus conservatrices envers la sexualité. Une étude rapporte que les hommes ont un désir sexuel significativement plus faible et une culpabilité significativement plus grande à profiter d’une activité sexuelle que les hommes provenant de cultures européennes. (Brotto et col., 2012)

Une autre étude effectuée auprès de femmes mariées de Haute-Egypte, arrive à des incidences de difficultés sexuelles significativement plus élevées que chez les femmes Américaines (faible désir sexuel, problème de lubrification, douleurs durant les rapports, rapports sans plaisir). (Hassanin et col., 2010)

Si vous pensez avoir des difficultés sexuelles, consultez un professionnel du champ médical afin, dans un premier temps, d'écarter (ou non) toute cause physique. Par la suite, vous pourrez consulter un professionnel du champ de la thérapie afin qu'il vous accompagne dans votre travail thérapeutique.

1 vue0 commentaire

Posts similaires

Voir tout