La réponse sexuelle

Masters & Johnson

Masters et Johnson étaient des sexologues américains qui ont permis une première compréhension de la réponse sexuelle humaine. Ils ont été fortement critiqués, et cela a permis à d’autres modèles d’émerger, mais ce furent des pionniers, à partir de 1957, en matière de sexologie.

La réponse sexuelle humaine ne peut pas être expliquée que biologiquement, il y a également des aspects psychologiques et motivationnels qui permettent d’ailleurs d’être le déclencheur.

Connaitre les réactions physiologiques, les phénomènes psychologiques et psychosociologiques afférents aident à comprendre comment fonctionnent notre corps sexuel et celui de notre partenaire. Cela favorise le développement d’une sexualité plus saine et une plus grande ouverture vis-à-vis de l’affectif qui en découle.

Masters et Johnson ont observé durant plus de dix ans la réponse sexuelle chez plus de 700 hommes et femmes en laboratoire. Ils ont décrit un modèle de la réponse sexuelle en quatre phases : l’excitation, le plateau, l’orgasme et la résolution. Dans la réponse masculine s’ajoute une période réfractaire. Ces phases permettent de comprendre la réponse du corps lorsqu’il est soumis à une stimulation sexuelle.

L’excitation

Cette première phase commence par les premières stimulations sexuelles et aboutit à la phase du plateau.

Elle dure de quelques secondes à quelques minutes selon l’intensité et l’efficacité de la stimulation sexuelle.

Elle est caractérisée par l’augmentation progressive de la tension musculaire, du rythme cardiaque et de la tension artérielle.

Chez la femme, la première manifestation se produit au niveau du vagin. La lubrification vaginale débute rapidement, ce processus se nomme la transsudation vaginale. Ce processus facilite la pénétration mais n’est pas une indication à la prédisposition psychologique pour l’acte sexuel. C’est pour cette raison qu’il peut arriver que cette lubrification se produise chez les personnes agressées sexuellement. Celles-ci sont absolument réfractaire au rapport, mais c’est un mécanisme réflexe.

Chez l’homme, la phase d’excitation provoque l’érection du pénis suite à l’engorgement sanguin des corps caverneux et spongieux. Elle apparait rapidement chez les hommes les plus jeunes et est influencée par divers facteurs (âge, fatigue, alcool, médicaments, excitation psychologique).

Comme toutes les phases de la réponse sexuelle, l’excitation joue un rôle déterminant dans le déroulement de la relation sexuelle. En effet, elle prépare progressivement l’ensemble du corps à des contacts sexuels plus intenses.

La qualité de la stimulation tactile est un facteur essentiel de l’excitation. Mais le déroulement de cette phrase est également influencé par de nombreux éléments tels que : les pensées négatives, les craintes, doutes, une mauvaise interprétation du signal du partenaire, une attente trop forte ou même une distraction auditive ou visuelle.

La durée de l’excitation est variable et dépend des partenaires. Elle peut aller de moins d’une minute à plus d’une heure.

L’évolution de cette phase est plus ou moins rapide selon si l’interaction se déroule dans l’urgence ou dans un climat détendu.

Ce qui compte est que les partenaires soient attentifs l’un à l’autre afin d’être le plus en accord possible.

Le plateau

Cette deuxième phase représente la poursuite de l’évolution de la tension sexuelle.

Elle peut durer de quelques secondes à quelques minutes. Plus elle se prolonge, plus elle constitue une force majeure d’excitation et de plaisir, augmentant de ce fait la possibilité d’un orgasme intense.

La phase du plateau prépare le corps à l’orgasme et la dépense d’énergie est généralement très grande.

Les partenaires n’atteignent pas forcément ce haut niveau de tension au même moment. Si la tension accumulée ne suffit pas pour parvenir à l’orgasme, elle disparait plus lentement après l’arrêt de l’activité sexuelle et engendre généralement de la frustration.

C’est à ce moment que la communication entre les partenaires est cruciale afin d’ajuster la situation pour les prochains rapports et diminuer l’insatisfaction.

L’orgasme

Généralement, la phase du plateau et son accumulation de tensions sexuelles amène au déclenchement de l’orgasme, qui est la phase la plus de courte du cycle.

L’orgasme est ressenti comme une expérience de grand plaisir, un débordement de sensation durant lequel l’individu a l’impression que le temps s’arrête.

Chez la femme, l’orgasme peut être interrompu à tout moment (un bruit soudain, une douleur…) tandis que chez l’homme, il est pratiquement irréversible et ne peut être stoppé.

La résolution

Cette dernière phase débute par la disparation des dernières contractions orgasmiques et le relâchement des organes.

Elle est ressentie comme une détente profonde pouvant durer quelques dizaines de minutes à quelques heures.

Il y aurait un lien entre la durée de la phase de résolution et celle de l’excitation : si l’excitation s’est déroulée lentement, la phase de résolution tendra à être longue. A l’inverse, si l’excitation a été courte, la résolution s’achèvera plus rapidement.

Sur le plan psychologique, les réactions individuelles sont diverses et variées. Certains se détendront ou dormiront pendant que d’autres seront pleins d’énergie. Plusieurs ressentent le besoin d’échanger sur l’expérience qu’ils viennent de partager et de prolonger l’intimité.

La période réfractaire

Comme je vous le disais précédemment, la réponse sexuelle de l’homme comprend une période réfractaire. Elle couvre la fin de la phase orgasmique et la première partie de la phase de résolution. Ici, la tension sexuelle doit baisser avant qu’il ne soit possible d’avoir une nouvelle érection, d’éjaculer à nouveau ou de connaitre un autre orgasme. Durant cette période, la stimulation sexuelle n’a qu’un faible effet.

Helen Singler Kaplan

A la suite des travaux de Masters et Johnson, Helen Singler Kaplan (psychiatre) a mis au point diverses formes de thérapies sexuelles efficaces. Elle a critiqué le modèle de Masters et Johnson et a mis en relief, dans son propre modèle, l’importance des processus cognitifs : la perception, la mémoire, le jugement et la volonté de se permettre ou de refuser le désir sexuel.

Pour elle, le modèle de Masters et Johnson était trop médical, rigide et ils ont négligé une étape importante dans la réponse sexuelle : le désir sexuel.

Kaplan a alors proposé son modèle en trois phases : le désir, l’excitation et l’orgasme.

Les problèmes liés au désir sexuel sont fréquents et constituent très souvent une cause d’anxiété pour l’individu et une source de conflits pour le couple. Ces problèmes de désir peuvent nuire à la qualité de la réponse sexuelle en perturbant l’une des deux autres phases.

Evidemment, ce modèle a également été critiqué par la suite. Le désir ne motive pas toutes les relations sexuelles, il arrive qu’une personne n’ayant pas de désir initialement puisse connaitre une excitation sexuelle qui la mènera à l’orgasme, que le désir apparaisse ou non une fois que la relation sexuelle est engagée.

Le désir

Le désir est donc l’élément crucial de la réponse sexuelle.

Il est comme une attirance, un besoin sexuel d’intensité variable.

Une personne peut éprouver un manque de désir et ne connaitre aucune perturbation des fonctions physiologique de sa réponse sexuelle. Inversement, un désir certain ne prédit pas la qualité de cette réponse. En effet, il peut arriver que des facteurs déclenchants le désir chez un individu engendrent de l’anxiété ou de la crainte chez un autre.

Prenons l’exemple de l’infidélité. Pour certains individus, l’idée d’une relation sexuelle extraconjugale est une source de motivation sexuelle d’excitation, mais elle peut devenir pour d’autres une source d’inquiétude et/ou d’inhibition.

Un problème sexuel peut provenir d’un manque d’information ou d’apprentissage, d’une anxiété mineure d’un problème relationnel, d’un trouble profond de la personnalité, mais également d’une perte d’intérêt pour le partenaire, d’une faible estime de soi, du stress, de la fatigue…

L’excitation

Cette phase est équivalente à celle décrite par Masters et Johnson à laquelle Kaplan inclut également celle du plateau.

L’orgasme

Cette étape se caractérise essentiellement par les contractions musculaires réflexes identiques à celles du modèle présenté par Masters et Johnson.

Reed

Reed est un psychiatre qui a repris les modèles de Masters et Johnson et de Kaplan en développant les dimensions psychologiques et relationnelles.

Le modèle, qu’il a nommé « cheminement de la stimulation érotique » comporte quatre phases : la séduction, les sensations, l’abandon et la réflexion.

La séduction

Cette première phase peut s’apparenter à la phase de désir dans le modèle de Kaplan. Mais ici, elle prend en compte également les attitudes et comportements qui rendent les partenaires sexuellement attirants l’un pour l’autre.

Les apprentissages et rituels inscrits dans leur mémoire permettent aux individus d’acquérir une image positive de soi (dans l’habillement, le maquillage…) et ont une façon de séduire le partenaire (dans le regard, les paroles et gestes, la posture…).

Cet apprentissage de la séduction a débuté généralement au moment de l’adolescence.

Les sensations

Cette phase correspond à celle de l’excitation et du plateau que l’on retrouve dans le modèle de Masters et Johnson, en mettant l’accent sur les sens, la fantaisie et l’imagination qui constituent des motivations importantes dans la poursuite de l’excitation.

La stimulation des sens augmente l’excitation et rend possible la prolongation de cette phase.

L’abandon

Cette phase représente le sommet de l’excitation et de l’intimité sexuelle, favorisés par les deux phases précédentes, qui déclenchent alors l’orgasme.

L’orgasme peut être considéré comme un aboutissement psychopathologique et exige un abandon mental de soi.

Selon ce modèle, les personnes qui connaitraient une dysfonction orgasmique seraient engagées dans une lutte de pouvoir contre elles-mêmes ou contre leur partenaire. C’est-à-dire qu’elles auraient tendance à résister inconsciemment au plaisir. Elles pourraient également avoir assimilés des messages négatifs de la société à propos de la sexualité.

Un surcontrôle comme un sous-contrôle de soi ou de l’autre peut affecter le potentiel orgasmique et la capacité de se permettre l’expression de la passion.

La réflexion

Dans cette dernière phase, les partenaires donnent une signification à leur expérience sexuelle. Était-elle positive ou plutôt négative ?

Le résultat de cette réflexion fait évoluer positivement la façon d’être et de faire des partenaires pour les prochaines expériences.

Cependant, toutes les relations ne sont pas toutes de qualité et n’apportent pas toutes satisfaction. Même chez des partenaires à l’écoute l’un de l’autre qui se connaissent bien sexuellement peuvent connaitre des baisses de satisfaction lors de leurs rapports.

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