Le désir sexuel hyperactif et la sexualité compulsive

Dernière mise à jour : 18 nov.

Quand certains ne ressentent plus de désir, d’autres en ressentent parfois un peu trop… C’est ce que l’on appelle le désir sexuel hyperactif, ou hypersexualité, terme qui prête au débat d’ailleurs (mais qu’est ce qui ne provoque plus de débat aujourd’hui me direz-vous…).

L’hypersexualité désigne une très forte augmentation du désir sexuel ou une augmentation excessive de l’activité sexuelle. L’individu traverseraient des phases obsessives-compulsives durant lesquelles la recherche d’activités sexuelles devient une préoccupation excessive afin d’évacuer une tension (qu’elle soit sexuelle ou non !).

Durant ces phases, l’individu est détaché de ses émotions, il est aux prises avec des impulsions sexuelles très fréquentes qui surviennent généralement à l’improviste et en dehors de tout sentiment ou de toute réponse émotionnelle envers le partenaire. Parfois même, sans souci du bien-être de celui-ci (et ça, c’est NON !).

La fréquence des relations sexuelles ou des moments de masturbation peut être entre 5 à 10 fois par jour.

Plusieurs facteurs peuvent déclencher des comportements hypersexuels :

Effets secondaires de certains médicaments (comme pour la maladie de Parkinson par exemple)

Lésions de certaines parties du cerveau

Alcool

Drogue

Troubles mentaux (psychose, trouble bipolaire, personnalité limité)

Abus sexuel durant l’enfance

Une thérapie sexuelle pourra vous aider à comprendre pourquoi vous êtes à la recherche de relations sexuelles compulsives. Vous pourrez y aborder les pensées et sentiments qui en découlent et travailler à une façon qui pourra répondre à vos besoins de manière plus saine.

 

L'hypersexualité représente donc une très forte augmentation du désir sexuel ou une augmentation excessive de l’activité sexuelle. L’individu traverseraient des phases obsessives-compulsives durant lesquelles la recherche d’activités sexuelles devient une préoccupation excessive afin d’évacuer une tension (qu’elle soit sexuelle ou non !).


Nous allons revoir ensemble la notion d’addiction et comment elle se représente au sein de la sexualité compulsive.

Attention cependant, les éléments que vous allez lire ci-dessous, pris séparément, n’indiquent pas que vous auriez une sexualité compulsive, ce sont seulement des caractéristiques qui, misent bout à bout, peuvent amener à penser à une sexualité compulsive.

L’individu va rechercher constamment et insatiablement des partenaires multiples, impliquant un énorme stress et de l’anxiété car cette activité de drague sera ressentie comme insatisfaisante.

Lors des relations sexuelles, l’autre est réduit à l’état d’objet, à l’état de « chose ». Par exemple, dans une relation de couple, l’individu utilisera la contrainte ou la manipulation afin d’obtenir ce qu’il désir.

L’individu se masturbe compulsivement à une fréquence de 5 à 15 fois par jour pouvant amener à des blessures, des irritations, de la fatigue, voire même des difficultés sociales et professionnelles.

L’individu va fixer son dévolu sur des personnes inaccessibles, idéalisant alors son objet d’amour.

Il se retrouve dans des rapports compulsifs amoureux multiples. Il recherche en permanence une intensité des sentiments au travers de nouveaux partenaires, accompagné d’une insatisfaction des relations amoureuses et la quête perpétuelle de l’amour idéal, ou de l’objet idéal...


Qu’est-ce qu’une addiction ?


L’addiction est présente lorsqu’un individu est dans l’impossibilité de résister aux impulsions à réaliser un type de comportement. Lorsque le comportement se réalise, il va ressentir du plaisir et du soulagement, mais également une perte de contrôle.


Lorsque l’on souffre d’une addiction, plusieurs critères peuvent être présents :

- On est fréquemment préoccupé au sujet du comportement ou de sa préparation ;

- Le comportement en question aura une intensité et une durée plus importante que souhaitées à l’origine ;

- L’individu va tenter de réduire, contrôler ou abandonner son comportement ;

- Les activités sociales, professionnelles ou de plaisirs peuvent être sacrifiées au profit du comportement ;

- L’individu peut ressentir de l’agitation ou de l’irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

- Le comportement se perpétue même si le sujet sait qu’il cause ou aggrave un problème déjà présent.


Comment cela se représente-t-il dans la sexualité compulsive ?

Il y a d’abord une phase d’obsession durant laquelle, en réponse à des difficultés existentielles, l’individu sera totalement absorbé par des préoccupations sexuelles.

Vient la phase de ritualisation, où l’individu exécute des rituels précédant le comportement sexuel.

Puis la phase d’agir sexuel, entrainant un soulagement temporaire, provisoire.

Enfin, une phase de désespoir, où l’individu va se sentir impuissant à contrôler sa conduite.

 

Point Psychanalytique


Une solution magique

Comme nous l’avons vu, l’individu est en quête d’un bon objet et installe cet objet addictif comme une solution magique de survie afin de donner sens à sa vie.

L’individu vit dans l’illusion qu’il a le contrôle sur son objet d’addiction, il s’enferme alors dans la croyance qu’il ne lui fera jamais défaut.

L’acte sexuel et sa fonction de décharge sont utilisés compulsivement afin de fuir les moments de stress, ils sont alors plus investis que son partenaire lui-même.

Chez certains individus, le partenaire est souvent consommé, littéralement « pris » à la place d’un tranquillisant ou d’un somnifère.

Le changement incessant de partenaires est à entendre comme une « protection contre la prise de conscience des désirs castrateurs et de peurs inconscientes associés au partenaire. […] La peur d’être possédé et blessé par l’autre n’a pour égal que la peur inconsciente d’imploser dans le partenaire et de le blesser ou de perdre son identité individuelle dans la fusion avec l’autre » (J. McDougall, 1989).


Agir plutôt qu’une élaboration psychique

Ici, l’acte remplace un travail d’élaboration psychique, tout en paralysant le fonctionnement du préconscient. La décharge par l’acte permet de rétablir l’équilibre psychique dès que surgit une situation de stress. Cela équivaut à une tentative d’évacuer la douleur morale, ou mentale, au travers de l’acte.

« Tant qu’il s’agit de comportement ou d’addictions, le sujet n’ignore pas qu’il souffre ni qu’il tente d’alléger sa souffrance par des fuites diverses. Dans le cas des expressions psychosomatiques, la situation est plus complexe, car l’individu ignore la plupart du temps sa souffrance psychique » (J. McDougall, 1982).


La désaffection

Un endroit désaffecté est un endroit laissé à l’abandon, où la vie a quitté ce lieu désolé. Sur le plan psychique, un individu désaffecté se vivra alors comme séparé de ses propres affects, de ses émotions.

J. McDougall émet l’hypothèse selon laquelle « ces sujets ont fait précocement l’expérience d’émotions intenses qui menaçaient leur sentiment d’intégrité et d’identité et il leur a fallu, pour survivre psychiquement, ériger un système très solide pour prévenir un retour de leur vécu traumatique porteur d’anéantissement ». Selon elle, ces personnes se réfugient dans une prison lugubre sans affects ni émotions, pour survivre et se protéger de l’effet d’une terreur sans nom.


La dispersion et l’atomisation des affects

Si, comme vu précédemment, la désaffection permet d’interdire l’émergence d’affects douloureux, susceptibles, s’ils venaient à faire surface, de provoquer une décompensation ou une dépersonnalisation, la perception de l’émotion elle-même est ici interdite afin d’éviter un retour à un état traumatique ancien, non dépassé, menaçant le sentiment même d’exister. L’affect est alors dispersé sous forme d’actions diverses.

Une fuite en avant dans l’agir permet alors de remplir le vide. Même si l’angoisse est vite dispersée avec l’utilisation de la solution addictive, l’individu reste cependant conscient de sa paradoxale solitude.


L’addiction sexuelle est une tentative d’auto-guérison

Comme nous l’avons largement vu, l’individu souffrant de sexualité compulsive lutte également contre de nombreuses angoisses. Alors, à visée antidépressive, il va chercher à se débarrasser de ses états affectifs et à régler des comptes avec les objets parentaux du passé.

Le caractère impulsif de cette sexualité va alors se charger de répéter inlassablement les conditions de l’insatisfaction.


McDougall repère trois défis qui sous-tendent inconsciemment cette quête compulsive : « Le défi de l’objet maternel interne (vécu comme absent ou comme incapable d’apporter soulagement) ; le défi contre le père interne (jugé comme ayant failli à sa fonction paternelle et donc à désavouer), défi projeté contre la société en entier ; le défi contre la mort avec deux formes, d’abord une position de toute puissance, puis lorsque cette défense grandiose commence à s’effriter et qu’un sentiment de mort interne ne peut plus être nié, il y a une tendance à baisser les bras devant les pulsions de mort ».

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