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Le fantasme

Dernière mise à jour : 20 janv.

Pensons fantasme… Nous avons tous des fantasmes, plus ou moins inavoués… Mais qu’est ce que réellement que le fantasme ? ​ Dans les anciennes civilisations, le fantasme pouvait être lié à un désir artistique, dans lequel l’individu produisait des merveilles ou des édifices surpassant les capacités humaines. Par la suite, cette notion évolue et se lie au pouvoir : le désir de pouvoir posséder ce que détient l’autre (sa richesse, ses terrains, son pouvoir). ​ Ici, je vais m’intéresser au fantasme « moderne », concept majeur de la psychanalyse développé par Freud et tant d’autres, qui sera, dans cet article, lié à la sexualité.


Le fantasme est une représentation imaginaire traduisant un désir. Il peut être considéré comme l’aspect psychologique de la sexualité. Un fantasme d’ordre sexuel consisterait par exemple à imaginer des scénarios sexuels non assouvis. ​ On peut dégager quatre catégories de scénarios fantasmatiques :

  • L’intimité hétérosexuelle conventionnelle avec un partenaire connu (actuel, passé, ou imaginé).

  • Le pouvoir sexuel et l’irrésistibilité en rapport avec des partenaires sexuels multiples.

  • Des activités variées ou interdites avec des partenaires inhabituels.

  • La soumission et la domination de type sadomasochiste.

Il y a des fantasmes conscients, tels que les projets que nous prévoyons, et des fantasmes inconscients que l’on retrouve dans les rêves. ​ Ici je vais vous parler des fantasmes sexuels. Nous en avons tous et ont un rôle positif dans notre vie amoureuse. ​ On peut les classer de deux façons, ceux considérés comme créatifs, qui enrichissent le rapport amoureux, et les autres, qui permettent à la sexualité de s’exprimer. Ils s’expriment chacun à leur façon, les premiers sont discrets et restent dans l’imaginaire, les derniers se concrétisent par l’action : c’est ici que l’on quitte le fantasme pour le désir.



« Le seul moyen de se délivrer d'une tentation, c'est d'y céder. Résistez, et votre âme se rend malade à force de languir ce qu'elle s'interdit », Oscar Wilde

Le fantasme reste mental, dans notre pensée, tandis que le désir implique une action, une intention d’agir. ​ Le désir est adapté à notre morale, à nos habitudes, tandis qu’avec un fantasme, nous nous demandons si cela nous plairait de le réaliser. Si la réponse est oui, le fantasme est devenu un désir et nous pouvons engager une action qui permettra de nous mener vers l’objet de ce désir. ​ Afin d’illustrer mes propos, je vais prendre l’exemple de l’infidélité. ​ Un individu peut avoir des fantasmes avec une autre personne, autre que son conjoint, mais pas désirer réellement aller jusqu’au bout de l’action. Le fantasme permet ici d’imaginer et de profiter de cette histoire irréelle en toute intimité, dans son jardin secret. Cela ne signifie pas que l’individu est infidèle car cela n’est qu’un fantasme. ​ Cependant, si le fantasme se transforme en désir, c’est que ce fantasme va au-delà de l’imaginaire et peut amener l’individu à réaliser une action pour l’assouvir. ​ Les hommes, les femmes et leurs fantasmes Les hommes et les femmes n’ont pas tout à fait le même type de fantasme. L’homme serait déjà plus dans un rôle actif lorsque la femme est dans un rôle passif. Ils seraient complémentaires lorsque la femme aurait une tendance exhibitionniste et l’homme voyeuriste. ​ Pour les hommes, cela se joue beaucoup au niveau visuel. Il aime voir une femme nue, la voir se déshabiller ou se caresser, il préfère faire l’amour avec la lumière allumée. Le type de fantasme d’un homme sera souvent autour d’un film pornographique… ​ Exemple : « être l’acteur dans un film pornographique », « coucher avec deux femmes bisexuelles plus âgées que moi », « ma copine me prend par surprise, se déshabille et me fait une fellation »… ​ Tandis que pour une femme, cela se joue au niveau du kinesthésique, elle aime être touchée, entendre des mots tendre… Le fantasme de la femme sera plus sophistiqué que celui de l’homme et aura plus un penchant romantique. ​ Exemple : « faire l’amour dans l’eau sous une chute entourée d’oiseaux exotiques », « une séance de sexe sauvage dans le rôle de la fille soumise », « me faire arrêter par un policier et passer à l’acte »… ​ Les femmes et leurs fantasmes La parole des femmes s’est libérée au sujet de leur sexualité. Elles évoquent leurs fantasmes plus facilement, même s’il reste encore une légère peur de leur propre sexualité. En effet, nous avons été élevées au sein d’une culture construite sur l’idée que la sexualité de la femme était impossible à assouvir, et surtout que la femme ne devait s’adonner aux plaisirs de la chair que pour procréer. ​ Toutes les femmes ont des fantasmes, même celles qui pourraient dire qu’elles n’en ont pas. On peut comparer cela aux rêves : tout le monde rêve, mais tout le monde ne s’en rappelle pas, c’est pareil pour le fantasme. ​ Pour une femme, parler de ses fantasmes, c’est la dernière étape avant de passer à l’acte, alors qu’il n’est nullement obligé de les réaliser : l’imagination n’est pas dangereuse, mais elles peuvent confondre imaginaire et action : « si j’ai un fantasme, je commence à être infidèle ». La question de la normalité est également mise sur le tapis : « suis-je normale d’imaginer cela ? », alors qu’il n’existe pas de bons ou mauvais fantasmes. ​ Au fil des années, on a observé un équilibre totalement modifié entre les hommes et les femmes. Les hommes étant plus facilement gênés par les fantasmes bien trop assumés de leur femme ou par les mots crus qu’elles pourraient utiliser. L’important dans votre couple est de trouver un langage commun : hommes et femmes ne parlent pas la même langue, il faut apprendre à communiquer en douceur. ​ La sexualité est déjà de base un sujet qui peut être délicat à aborder, le fantasme est très intime, il faut donc l’appréhender en douceur et en toute confiance avec son partenaire. Cela peut être compliqué à aborder car un mot de travers peut suffire à calmer l’excitation et revenir au point de départ. ​ La communication est très importante, de façon générale déjà, mais notamment lorsque l’on aborde ce type de sujet, car la question des limites est nécessaire : vous devez avoir conscience de vos limites et ne pas être dans l’obligation de les dépasser. ​

 

Au fil des années, on a observé un équilibre totalement modifié entre les hommes et les femmes quant à la question du fantasme. Les hommes étant plus facilement gênés par les fantasmes bien trop assumés de leur femme ou par les mots crus qu’elles pourraient utilisées.

L’important dans votre couple est de trouver un langage commun : hommes et femmes ne parlent pas la même langue, il faut apprendre à communiquer en douceur.

La sexualité est déjà de base un sujet qui peut être délicat à aborder, le fantasme est très intime, il faut donc l’appréhender en douceur et en toute confiance avec son partenaire. Cela peut être compliqué à aborder car un mot de travers peut suffire à calmer l’excitation et revenir au point de départ.

La communication est très importante, de façon générale déjà, mais notamment lorsque l’on aborde ce type de sujet, car la question des limites est nécessaire : vous devez avoir conscience de vos limites et ne pas être dans l’obligation de les dépasser.

Les fonctions des fantasmes

La première de ses fonctions est d’exciter, éveiller, maintenir et accroitre la stimulation sexuelle.

Le fait de se représenter avec des partenaires exceptionnels ou dans des activités interdites pimente la relation sexuelle.

Bien souvent, la fantasme contribue à compenser l’ennui ressenti dans son couple ou sa vie personnelle.

Il permet également de déculpabiliser l’individu lorsqu’il fait intervenir des manœuvres destinées à nier sa responsabilité, comme imaginer que l’on a des rapports sous la contrainte…

Lorsqu’il donne lieu à une dépersonnalisation de la relation (avoir des relations avec un inconnu ou une personne sans vidage), l’individu se débarrasse d’émotions possiblement inhibitrices.

Ces divers processus permettent au final de contourner les blocages et de laisser libre cours à l’excitation et au désir.​

Le fantasme a également pour fonction d’anticiper.

Le fait d’imaginer la relation sexuelle à venir aurait pour effet de se préparer à l’inconnu et de réduire l’anxiété.

Les individus ayant une vie sexuelle plus active fantasment plus souvent que les autres et éprouvent moins de culpabilité quant à l’excitation que provoquent ces fantasmes.

Le fantasme fait parti d’une vie sexuelle saine et cette capacité de fantasmer constitue une aptitude cognitive importante comme moyen d’accroitre le désir sexuel.

La concrétisation du fantasme

La concrétisation du fantasme dans la réalité ne pose pas soucis, tant qu’il concerne des activités sexuelles acceptables pour l’individu, qu’elles soient consenties et ne vont pas à l’encontre de ses valeurs.

Lorsque l’activité recherchée répond à des besoins complémentaires, tel que jouer le rôle de celui qui contrôle ou de celui qui est contrôlé, les individus font des découvertes sur eux-mêmes.

Ceci dit, une expérience d’échangisme par exemple pourrait se révéler libératrice pour certains et démoralisante pour d’autres.

De plus, lors de la concrétisation du fantasme, celui-ci peut perdre sa valeur érogène voire entrainer des effets perturbateurs si sa concrétisation provoque de l’anxiété ou du dégout : ce que l’on imagine ne se passe pas toujours de la même façon lorsque cela devient réel…​


Fonction réalisante

Cette fonction motive la personne à réaliser son fantasme.

Le fantasme permet d’anticiper et de planifier ce qui pourrait réellement se passer.

Une activité sexuelle peut être plus satisfaisante en ayant été préparée et enrichie au préalable par des fantasmes.

Le fantasme permet également à l’individu d’expérimenter de nouvelles activités sexuelles dans de nouveaux endroits à des moments inhabituels.


Fonction de satisfaction de besoins psychoaffectifs

Le fantasme érotique ne vise pas uniquement la recherche du plaisir sexuel. En effet, il permet de satisfaire également des besoins psychoaffectifs tels que le besoin d’autonomie, de sécurité, de tendresse et d’amour.


Fonction défensive

Le fantasme permet de surmonter des états émotifs difficiles tels que la frustration, l’anxiété et les sentiments dépressifs.

Fantasmer sur des situations idéales où l’on se sent bien aide à compenser, à développer l’estime de soi et à soulager certaines frustrations.


Fonction adaptative

Le fantasme peut aider à réduire la pudeur que l’on pourrait ressentir envers son partenaire et le dégout envers certaines activités sexuelles.


Fonction d’accroissement de la fonction sexuelle

Le fantasme peut aider à compenser une insatisfaction sexuelle.

La routine sexuelle par exemple peut entrainer une perte de désir pour les activités sexuelles. Le fantasme peut alors donner l’illusion de nouveauté et ranimer le désir et l’excitation sexuelle.


Fonction additive

Le fantasme peut amplifier une situation déjà excitante, permettant alors un plus grand épanouissement du plaisir sexuel.

 

Voyons à présent comment le fantasme se révèle dans la phase excitatoire, préorgasmique et orgasmique.


Afin qu’il y ait un désir à vouloir s’engager dans une activité sexuelle, l’individu va créer et nourrir des fantasmes.


Durant la phase excitatoire, le fantasme se manifeste peu de temps avant le début des activités sexuelles (d’après les études, jusqu’à 98% des personnes auraient recours à des fantasmes durant cette phase).


Durant la phase de plateau, les fantasmes préorgasmiques sont plus génitalisés et détachés de sentiments. A ce moment, l’individu est plus centré sur son plaisir et va générer des images qui pourront déclencher l’orgasme.


Lors de la phase orgasmique, le fantasme est moins présent, notamment dû au fait de la durée plutôt courte de cette phase. L’intensité du plaisir vécu durant l’orgasme dirige l’attention de l’individu plutôt sur ses sensations physiques que sur ses pensées.


Plus le cycle de la réponse sexuelle avance, plus les fantasmes diminuent finalement car ils deviennent moins nécessaires dans l’activité.

 

Nos fantasmes changent, ceux qui étaient très excitants à un moment donné peuvent être abandonnés à un autre moment et refaire surface plus tard. Ils peuvent alors combler des besoins à un moment donné et disparaitre lorsque ces besoins sont comblés.


On sait que les contraintes sociales peuvent avoir une influence sur nos comportements, mais l’activité fantasmatique étant privée, l’individu peut laisser libre cours à son imagination.


Mais le fantasme n’est pas totalement libre de toute censure… En effet, beaucoup de personnes peuvent exercer une censure volontairement ou un contrôle si elles les jugent inacceptables par exemple.


Qu’en est-il de leur réalisation ? Très peu de fantasmes sont parfaitement réalisables, car rappelons le, il provient de notre imaginaire, et il y a souvent un grand écart entre le réel et l’imaginaire.


Avoir des fantasmes n’implique pas forcément le désir de les réaliser. Le conserver pour soi permet d’en préserver son authenticité, son originalité, et certaine personne ont peur d’être déçue suite à leur réalisation.


De plus, plus le fantasme est interdit socialement, moins la personne souhaitera le réaliser à cause de sa conscience morale.

Le fantasme fait travailler votre imaginaire et vous permet une sexualité plus épanouie, il vous permet de vous connaître et de vous procurer du plaisir. Si vous avez des difficultés au niveau de votre épanouissement sexuel : stimulez votre imaginaire ! Pour ce faire, vous pouvez regarder des films ou lire des livres… L’important est d’observer vos sensations : qu’est-ce qui vous stimule ? qu’est-ce qui vous séduit ? Une fois que vous serez familiarisé avec ce qui provoque vos sensations, vous pourrez convoquer ces souvenirs émotionnels lors d’un acte amoureux.

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