Les étapes de la vie de couple - Suite

Afin d’être heureux en couple, il existe cinq étapes. Elles ne se suivent pas forcément, elles peuvent se superposer, mais sont indispensable au bonheur en couple.

La première étape est la lune de miel. Durant celle-ci, l’objectif est d’attirer l’attention de l’autre par tous les moyens possibles afin d’en prendre le contrôle émotionnel et d’assurer ainsi la satisfaction de tous ses besoins.

Dans un premier temps, la séduction est toujours présente. Hommes et femmes vont mettre leur corps en valeur pour attirer l’attention de la personne désirée.

Ensuite, le regard entre en jeu. Il est l’instrument de séduction le plus efficace. Lorsque les regards se rencontrent, la réaction est instantanée : soit il y a une attirance, soit il y a de la répulsion.

Puis vient la conversation. Celle-ci constitue le point de rupture : soit ça passe, soit ça casse, car la conversation révèle votre personnalité, vos origines sociales et culturelles. Cherchez alors un sujet qui puisse intéresser votre partenaire potentiel et soyez observateur et attentif !

Si l’alchimie fonctionne… Place à la lune de miel ! Période de bonne entente, où les deux partenaires s’apprivoisent.

Toute la partie précédente peut être très rapide et intense chez les passionnés ! Comme disent les anglophones « one night stand ». Elle est plus lente chez les célibataires bien dans leur peau et à la recherche d’une relation stable.

Cette période de lune miel va durer de deux à trois ans, dans une grande intensité où chaque partenaire se montrera sous son plus beau jour pour séduire et conquérir l’autre.

L’homme va être très communiquant et attentif. Il va soigner son image et s’intéresse à tout ce que sa partenaire a lui raconter. Il va la complimenter régulièrement.

La femme admire son partenaire, elle ne le critique jamais, l’encourage dans tous ses projets, est toujours prête à avoir des relations intimes avec lui.

Le temps de cette période, la passion donne l’illusion que le partenaire nous complète, qu’il est notre âme sœur et qu’il comblera tous nos manques, résoudra tous nos problèmes et fera disparaitre nos angoisses.

C’est cette phase de lune de miel que l’on aimerait faire durer pour toujours. Mais petit à petit, la routine se met en place, la passion ralentie et la lutte de pouvoir débarque.

La phase de passion est une étape où les partenaires sont surtout amoureux des sensations qu’ils éprouvent à l’envers de l’autre partenaire. Leur connexion fusionnelle leur ont permis de minimiser les défauts de l’autre.

Je vous ai indiqué que durant cette période passionnelle, nous pensons que l’autre pourra résoudre tous nos problèmes. Les partenaires pourront alors ressentir une forte frustration si leur idéal était élevé.

Notre sens de l’identité se structure à partir de deux perceptions :

  • Celle que chacun d’entre nous porte sur lui-même.

  • Celle qui vient de l’extérieur de soi (qui se construit par l’entourage durant notre enfance et que l’on conteste à l’adolescence).

Le couple permet la confrontation de ces deux perceptions.

Une première lutte s’installe. Être soi et être en relation sans se perdre.

Puis la lutte de pouvoir émotionnel où chacun veut que l’autre se conforme à ses attentes et lui accorde l’amour tel qu’il le perçoit. C’est une lutte qui est saine, mais qui devient destructrice lorsqu’il n’y a pas de juste distance entre les partenaires.

Cette lutte est saine lorsque les partenaires peuvent se dire ce que chacun attend de l’autre et de leur couple.

Elle devient destructrice lorsque cette lutte devient un affrontement où chacun veut imposer sa conception du couple qu’il veut construire avec l’autre.

Plus l’individu sera en accord avec son identité, plus il pourra accepter la différence de l’autre, sans se sentir menacé ni offusqué.

Dans un couple heureux, ses membres savent qu’ils ne peuvent pas toujours être en accord.

Si les membres sont identiques, leur perception d’eux-mêmes dépendra de l’approbation de l’autre… Un couple doit être différencié afin de ne pas fusionner et régresser au stade de la codépendance. Si vous en êtes arrivés à ce cercle vicieux, vous pourrez découvrir dans les slides du post ce qui vous attend… Il est nécessaire de ne pas en arriver là, ou bien de se reprendre à temps afin de sauvegarder son bonheur en couple.

La lutte de pouvoir négative mine le respect et la confiance. Elle se termine par la séparation (50% des couples) ou la résignation (30% des couples).

Que se passe-t-il lorsque l’on a atteint le cercle vicieux de la dépendance/contre-dépendance ?

  1. On soumet son partenaire, de gré ou de force ;

  2. On se fait violence et on se soumet aux volontés de son partenaire ;

  3. On se résigne à vivre en colocataires, sans réelle intimité ;

  4. On se sépare et on trouve un nouveau partenaire.

Les couples sont en conflit car ils font porter sur l’autre la responsabilité de l’échec de leurs espoirs plutôt que de comprendre que le couple est un lieu privilégié de crises permettant la croissance de chacun des deux individus.

Que faire ? Devenir plus différenciés, moins fusionnels et apprendre à gérer cette lutte pour le pouvoir, due justement au fait que les deux partenaires sont différents.

Lune de miel, lutte de pouvoir, puis partage du pouvoir

Pour une véritable relation intime, le couple doit être composé de deux personnes bien identifiées et conscientes de leurs besoins respectifs.

Cette période de lutte de pouvoir va permettre aux partenaires de se rencontrer eux-mêmes mais également de rencontrer l’autre, dans sa véritable identité, et cela mettra fin à l’illusion de cette fusion. Mais cela se passe de cette façon chez les couples heureux. Pour les autres, les partenaires vont vivre une relation dominant-dominé ou rompre, afin de trouver un nouveau partenaire et revivre cette fusion, puis recommencer… Pour être heureux, il faut arriver à acquérir cette juste distance entre soi et son partenaire, afin que chacun puisse satisfaire ses besoins.

Mais comment arriver à cette intimité ? Dallaire parle du petit psychologue (PP). Chaque partenaire doit prendre une certaine distance, être capable de s’élever au-dessus de soi-même, il appelle cela le PP. Ce PP est comme un sage intérieur, qui a un regard sur soi sans jugement, reconnaissant qu’il a des besoins paradoxaux : besoin d’autonomie et d’intimité. Il a donc un regard sur soi mais également sur l’autre, qu’il porte sans jugement et comprend que lui aussi a des besoins qui seront différents des siens. Le PP s’accepte donc lui-même et l’autre, tel qu’il est.

Les deux PP de chaque partenaire vont donc s’associer afin de former une alliance stratégique et devenir un couple complice. Ils satisferont donc leurs propres besoins respectifs mais également ceux du couple, sans vouloir changer qui que ce soit.

Lune de miel, lutte de pouvoir, partage du pouvoir puis l’engagement

Chaque partenaire va s’engager envers lui-même, envers l’autre et envers le couple afin que chacun puisse s’épanouir.

Dallaire a dans son cabinet un plateau de jeu où d’un côté sont placés les dames, et de l’autre côté les échecs. Le plateau représente l’espace commun du couple. Chaque jeu représente l’un ou l’autre des partenaires. L’important est de comprendre que chaque jeu possède ses propres règles, que chaque partenaire possède sa personnalité, ses croyances, ses blessures, sa perception de l’amour, du couple et de la famille…

Les couples malheureux cherchent à imposer à l’autre joueur les règlements de leur jeu, tout en refusant de jouer au jeu dont ils ne connaissent pas les règles, chacun voulant s’assurer de gagner.

Les couples heureux se rendent rapidement compte que les deux jeux se jouent sur le même plateau, mais avec des règles de jeu différentes. Ils apprennent qu’ils peuvent jouer deux jeux dans un même espace et que chacun de ces jeux possède une richesse particulière. Chacun accepte donc d’apprendre les règles du jeu de l’autre et se montre disposé à enseigner les siennes à l’autre. Reste alors à décider à quel jeu ils vont jouer. Les couples qui partagent le pouvoir vont alterner régulièrement les jeux. Les couples heureux à long terme vont nous seulement alterner les jeux, mais ils vont également développer un nouveau jeu intégrant, mélangeant, modifiant les règles des deux jeux pour former un nouveau jeu, leur jeu.

Les couples heureux font des choix et savent que faire un choix, c’est dire oui à certaines choses et renoncer à d’autres.

Lune de miel, lutte de pouvoir, partage du pouvoir, engagement et enfin, l’ouverture sur l’autre

Nous arrivons à la dernière étape du couple, que l’on observe généralement chez les couples âgés.

Ce sont des couples qui se touchent, se regardent, se parlent, qui respirent l’harmonie et la paix.

Ces vieux couples ont l’air d’avoir beaucoup de plaisir à être ensemble malgré les épreuves qu’ils ont traversées, ou grâce à elles.

Ils sont des exemples vivants qu’il est possible de persévérer et de surmonter les crises existentielles du couple. Ils démontrent aussi que l’amour peut évoluer, se transformer et rester solide. Ils nous disent que la vie à deux demeure encore la meilleure façon de la vivre.

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