Les cavaliers de l'apocalypse

Comment un couple aimant peut-il arriver à transformer ses partenaires en deux ennemis ?

John Gottman et Nan Silver ont appelé cavaliers de l’Apocalypse les quatre comportements caractéristiques des couples malheureux : la critique, le mépris, l’attitude défensive et la dérobade.

La présence de ces cavaliers présage une évolution néfaste du couple car les partenaires vont s’en nourrir jusqu’à devenir des ennemis.

Découvrons précisément qui sont ces cavaliers...

La critique

Lorsqu’une dispute démarre brutalement par une critique personnelle, de l’ironie ou du sarcasme, il est fort probable qu’elle se termine brutalement !

Une critique brutale ne peut que créer une tension immédiate entre les partenaires.

Attention, différencions d’abord le reproche, qui vise le comportement, à la critique qui vise directement la personne et son intégrité.

On peut reprocher à son partenaire d’être en retard : cela se comprend et se justifie, mais lui dire qu’on ne peut jamais compter sur lui car il est toujours en retard ne se justifie absolument pas !

Un couple heureux se fera des reproches, rarement des critiques !

Le mépris

Le mépris accompagne généralement la critique. Il peut être verbal : « tu n’es capable de rien ». Et non verbal, soulignant alors la critique, lorsque l’individu lève les yeux au ciel ou ricane.

Le mépris va exprimer le dégout et cherche à humilier l’autre. Il est généralement le résultat de ruminations négatives au sujet de reproches ou de disputes passées.

L’attitude défensive

Face à une critique méprisante, tout humain va trouver naturel de se défendre ! Mais une réaction défensive ne résout malheureusement rien et ne fait qu’ajouter de l’huile sur le feu.

Cette attitude consiste à dire que c’est celui qui a critiqué qui est en tort vu que c’est lui qui a critiqué… Chacun va alors chercher à gagner en marquant des points.

Seulement ici, c’est le couple qui en ressort perdant.

La dérobade

Ce dernier cavalier débarque à la suite de longues périodes de disputes, où les partenaires ne se confrontent même plus et fuient le combat, ils ne se parlent même plus…

Ces 4 cavaliers de l’Apocalypse sont des mécanismes de défense mais qui n’ont pas place dans un couple qui est constitué de deux personnes qui s’aiment et qui doivent s’entraider à se réaliser et s’épanouir. Il est très paradoxal d’en arriver à se défendre de la personne qu’on aime et qui est censée nous aimer. Ces disputes surviennent dès que le début de la lune de miel se termine et que débute la lutte pour le pouvoir. Ces disputes surviennent parce que hommes et femmes ont des sensibilités différentes et parce qu’en tant qu’individus, nous avons aussi des personnalités, des priorités, des valeurs et des tempéraments différents.

Chez les couples malheureux, ces différences alimentent des différends et ouvrent la porte aux quatre cavaliers qui finissent par prendre tellement de place que la seule sortie possible devient le désinvestissement émotif du couple. Devant la peur de la critique et du mépris, on apprend à marcher sur des œufs et à ne plus être soi-même, à ne plus être spontané. On s’écrase, on se résigne. Chacun s’évertue à présenter son point de vue, personne n’écoute et personne n’en tient compte (Dallaire).

Alors, comment se disputer harmonieusement ? Oui oui, c’est possible !

  1. Commencez la discussion en douceur et prenez le temps de respirer tout au long de la discussion, particulièrement au moment où vous sentez que la pression monte.

  2. Si vous percevez que l’autre s’énerve et monte le ton, proposez de reporter la discussion à plus tard, tout en disant que vous voulez en reparler au plus tôt.

  3. Présentez la discussion comme une façon de mieux être ensemble.

  4. Ne perdez jamais de vue le principe de la « balle au mur » : c’est la même balle qui revient et elle revient avec la même force à laquelle vous l’avez expédiée sur le mur. Si vous critiquez, vous risquez d’être critiqué. Si vous complimentez… A vous de choisir.

  5. Communiquez vos besoins, désirs et attentes, non vos émotions, encore moins vos frustrations.

  6. Faites appel aux connaissances ou compétences de l’autre : « Que sais-tu au sujet de… ? », « que penses-tu de... ? ».

  7. Touchez votre partenaire au cours de la discussion, avec bienveillance et tendresse. Et regardez-le dans les yeux.

  8. Evitez les sujets que vous savez sources de mésententes permanentes. Rappelez-vous que nombre de problèmes conjugaux sont sans solution et qu’il vaut mieux apprendre à vivre avec. Si vous devez absolument les aborder, faites-le en termes positifs.

  9. Gardez la tête froide et le ton amical. Ne soyez pas sarcastique.

  10. Ne dites jamais « toujours » ou « jamais ».

  11. N’abordez qu’un seul sujet à la fois, surtout si c’est un sujet délicat. N’en profitez surtout pas pour vider votre sac.

  12. Baissez le ton, parlez sur le ton de la confidence, même si votre partenaire à tendance à monter le ton.

  13. Ne cherchez pas à remettre les pendules à l’heure ou à crever l’abcès. Vous risquez tous deux d’être arrosés.

  14. Si vous tenez absolument à crever l’abcès, donnez-vous le droit de vider chacun votre sac pendant dix minutes, pas plus. Et dites : « je t’aime quand même ».

  15. Laissez votre partenaire s’exprimer jusqu’à la fin une fois que vous avez terminé de vous exprimer.

  16. Posez des questions démontrant ainsi votre intérêt pour le vécu de votre partenaire.

  17. Ne donnez votre avis que si votre partenaire vous le demande. Prodiguer un conseil non sollicité est une façon perverse d’inférioriser l’autre.

  18. A défaut d’être d’accord avec votre interlocuteur ou de comprendre, au moins vous exprimez de la compassion : « C’est vrai que cela doit être difficile à vivre ».

  19. Gardez toujours en tête qu’il existe des différences fondamentales et naturelles dans la façon d’être et de réagir des hommes et des femmes. Ces différences peuvent, ou non, être accentuées par l’éducation et la culture.

  20. Et surtout, prenez la responsabilité de vos dires, de vos pensées et de vos gestes. N’accusez jamais l’autre d’être le responsable de ce que vous ressentez. L’autre est responsable de lui-même et nullement de vos actions et de vos réactions à ses dires ou comportement.

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