La phobie de vomir

La peur de vomir est l'émétophobie.

C’est la troisième phobie la plus fréquente dans le monde (les premières sont la phobie sociale et l’agoraphobie). Elle décrit la peur irraisonnable de vomir ou de voir quelqu’un vomir. Mais également d’entendre parler de vomissement, de regarder des images à ce sujet et d’attraper une maladie qui pourrait déclencher des vomissements.

L’anticipation du vomissement provoque souvent les symptômes. C’est une peur ancestrale qui permet instinctivement de rester éloigner des malades et d’éviter la contamination.

La préparation des repas, l’hygiène alimentaire, la conservation des aliments peut provoquer une angoisse chez l’individu qui réorganise toute sa vie autour de cette phobie.

L’individu aura tendance à se replier sur lui-même, évitant certains actes, lieux ou situations susceptibles de les faire vomir (trajets en voiture ou en bus, salle d’attente chez le médecin, grossesse, classe…). Les conséquences sur la vie sociale et professionnelle sont très importantes, les activités de loisirs sont restreintes du fait des stratégies d’évitement adoptées afin de se protéger.

Cette phobie prend de l’ampleur généralement à l’adolescence mais débute souvent durant l’enfance, vers l’âge de 9 ans. Elle trouve son origine dans un traumatisme de ses propres vomissements ou de ceux d’un proche, engendrant une anxiété permanente. La peur s’installe et devient envahissante comme une idée obsédante que personne ne peut calmer.

Ce symptôme s’exprime par une crainte d’un évènement qui viendrait effracter l’enveloppe corporelle : le vomissement. Une partie du corps se séparerait d’une autre créant alors une rupture intracorporelle. Cette crainte s’associe à l’angoisse d’abandon et de séparation. L’individu a peur de vomir, mais il craint également d’être séparé de ses proches. Perdre le lien avec sa première figure d’attachement aurait pour équivalent la crainte de perdre un élément corporel. L’abandon équivaudrait au comportement de vomissement, et l’angoisse d’abandon se couplerait avec celle de vomir.

Nos figures d’attachement exercent une fonction de protection et de réassurance en cas de maladie ou de peur. La peur du vomissement pourrait provenir d’une crainte d’être malade et de rester seul sans bénéficier d’un soutien parental.

Le vomissement peut également être considéré comme une perte corporelle qui nous renvoie à la question du contrôle et donc la perte de contrôle qu’il entraine sur le corps, aggravant l’angoisse de maitrise. L’individu a alors peur de perdre la maitrise de son corps.

La thérapie reste évidemment efficace pour ce type de trouble. Elle permettra d’apprendre à anticiper les moments de crise, de prendre conscience de ses ressentis et de gérer son quotidien différemment.